Combien de prises et de circuits par pièce ? Repères RGIE
Réponse rapide : le RGIE autorise au maximum 8 points de raccordement par circuit de prises, avec un disjoncteur de 20 A sur un câble de 2,5 mm². Pour un salon moyen, comptez 8 à 10 prises ; dans la cuisine, 6 à 8 prises plus plusieurs circuits distincts pour les gros appareils. Vous trouverez ci-dessous les repères complets par pièce, avec les règles RGIE exactes qui les sous-tendent.
Assez de prises : une question de confort et de sécurité
L'une des plaintes les plus fréquentes concernant les installations électriques est le manque de prises. Résultat : un enchevêtrement de multiprises et de rallonges dans chaque coin de la pièce. Ce n'est pas seulement peu pratique, c'est aussi, selon le RGIE, un risque de surcharge, de chute et d'incendie.
De combien de prises de courant avez-vous alors réellement besoin par pièce ? Et combien de circuits le RGIE impose-t-il au minimum ? Cet article donne des repères concrets par pièce, basés sur les exigences légales minimales et sur l'expérience de terrain des installateurs.
⚠️ Attention : le RGIE ne considère pas une multiprise ou une rallonge comme une solution permanente au manque de prises. Les appareils fixes doivent être raccordés à un point de raccordement propre et fixe (RGIE Livre 1, art. 5.3.4.7 et 7.4.3.3 — l'ancien art. 249, relatif à l'usage des prises de courant et des rallonges). L'usage permanent d'une multiprise derrière la télévision ou le bureau constitue donc déjà, en principe, une infraction, et peut faire l'objet d'une remarque lors d'un contrôle.
Que dit le RGIE sur les circuits et les prises ?
Le RGIE — formellement le Livre 1 : Installations électriques basse tension et très basse tension depuis la restructuration de 2020 — fixe une série de règles minimales pour les installations domestiques :
- Maximum 8 points de raccordement par circuit de prises. Cette règle figure dans les tableaux techniques du RGIE Livre 1, section 5.2.1.2 (basée sur l'arrêté ministériel du 27 juillet 1981 relatif au courant admissible attribué aux appareils dans les installations domestiques). Important : une prise double ou triple dans un même boîtier compte pour 1 point de raccordement, tout comme un appareil raccordé à demeure (p. ex. un chauffe-eau).
- Un circuit de prises classique fonctionne sur un disjoncteur de 20 A avec un câble d'au moins 2,5 mm² (type 3G2,5).
- Les circuits d'éclairage et les circuits de prises doivent être séparés (RGIE Livre 1, art. 3.2.4.1 et 3.3.2 — répartition et indépendance de l'installation) : l'éclairage et les prises ne peuvent pas être raccordés au même disjoncteur.
- Les gros consommateurs doivent disposer d'un circuit propre : taque de cuisson (généralement 32 A avec câble 6 mm²), four, lave-vaisselle, sèche-linge, lave-linge et chauffe-eau électrique (généralement 20 A avec 2,5 mm²).
- Les prises extérieures doivent se trouver sur un circuit protégé séparément, avec une protection minimale IP44 — consultez notre guide sur l'électricité au jardin pour toutes les règles sur les câbles enterrés et les circuits extérieurs.
- Depuis le 1er juin 2023, tous les circuits d'éclairage et de prises de toute l'habitation doivent être protégés par un différentiel 30 mA de type A — auparavant, cela n'était obligatoire que dans les pièces humides comme la salle de bain. Un différentiel 30 mA peut protéger au maximum 8 circuits (RGIE Livre 1, art. 5.3.5.3, l'ancien art. 85). Un différentiel général 300 mA reste par ailleurs obligatoire en tête d'installation (art. 4.2.4.3, l'ancien art. 86).
Idée reçue à corriger : "un différentiel 30 mA n'est nécessaire que dans la salle de bain" n'est donc plus exact. Depuis 2023, cette règle s'applique à chaque circuit d'éclairage et de prises de l'habitation, y compris au salon ou dans la chambre.
Le faire soi-même ou faire appel à un installateur agréé ?
✅ Vous pouvez le faire vous-même : en Wallonie, à Bruxelles comme en Flandre, vous pouvez en principe réaliser vous-même des travaux électriques dans votre propre habitation — tirer des câbles, ajouter des prises, étendre un circuit. Le RGIE n'impose pas d'agrément pour l'exécutant des installations domestiques.
🔧 Faites plutôt appel à un installateur agréé : vous hésitez sur les sections de câble, le bon type de différentiel, les volumes de la salle de bain ou le raccordement de gros consommateurs comme une taque de cuisson ou une borne de recharge ? Une erreur ici peut provoquer un risque d'incendie ou d'électrocution.
📋 Contrôle électrique requis : chaque nouveau circuit et chaque modification ou extension importante de l'installation doit être contrôlé avant sa mise en service par un organisme de contrôle agréé — notamment Vinçotte/Kiwa, BTV, OCB, SOCOTEC, Certinergie et ACEG, tous agréés au niveau national, quelle que soit la région (RGIE Livre 1, chapitre 6.4). Sans procès-verbal de contrôle positif, vous ne pouvez pas mettre le nouveau circuit en service.
Recommandations pièce par pièce
Le RGIE fixe des exigences minimales, mais il est judicieux en pratique de voir plus large. Ajouter des prises après coup coûte cher et complique les choses (voir plus loin). Voici des repères pratiques par pièce.
Salon
- Prises : au moins 8-10 (TV, décodeur, barre de son, éclairage, chargeurs, aspirateur, routeur, etc.)
- Circuits : 1-2 circuits de prises + au moins 1 circuit d'éclairage distinct
- Prévoyez des prises le long de chaque mur, surtout près du coin salon et du meuble TV
- Envisagez une prise de sol si vos meubles sont disposés en îlot
Cuisine
- Prises : au moins 6-8 sur le plan de travail (robot de cuisine, bouilloire, grille-pain, machine à café, etc.)
- Circuits distincts (chacun sur son propre disjoncteur) :
- Taque de cuisson : généralement 32 A, câble 6 mm² (XVB 3G6 à partir d'environ 7,4 kW)
- Four : 20 A, câble 2,5 mm²
- Lave-vaisselle : 20 A, câble 2,5 mm²
- Frigo/congélateur : 20 A (recommandé sur circuit propre pour qu'il ne soit jamais coupé par accident)
- Four à micro-ondes : 16 A ou 20 A
- La cuisine est la pièce qui compte le plus grand nombre de circuits distincts de l'habitation
Chambre
- Prises : 4-6 (au moins 2 de chaque côté du lit + près du bureau)
- Circuits : généralement un circuit de prises partagé + un circuit d'éclairage distinct
- Envisagez des prises USB près du lit pour recharger les smartphones
Salle de bain : des volumes révisés depuis 2025
Le chapitre du RGIE consacré à la salle de bain (Livre 1, chapitre 7.1.1) a été profondément revu ; les nouvelles règles sont en vigueur depuis le 1er mars 2025. L'ancien "volume 3" n'existe plus en tant que volume distinct et strictement réglementé. Une salle de bain avec baignoire ne compte désormais plus que les volumes 0, 1 et 2 ; une pièce équipée uniquement d'une douche ne compte que les volumes 0 et 1.
- Volume 0 (dans la baignoire ou le bac à douche) : uniquement des appareils en très basse tension de sécurité (max. 12 V), au minimum IPX7. Aucune prise autorisée.
- Volume 1 (au-dessus de la baignoire/douche, jusqu'à 2,25 m de hauteur) : uniquement des appareils adaptés, au minimum IPX4 (IPX5 en cas de jets d'eau). Pas de prise ordinaire.
- Volume 2 (60 cm autour du volume 1) : minimum IPX4, obligatoirement protégé par un différentiel 30 mA. Seule une prise-rasoir avec transformateur de séparation y est autorisée, pas une prise ordinaire.
- Hors volumes (l'ancienne "zone 3") : vous pouvez y placer des prises ordinaires, à condition qu'elles soient — comme toutes les prises et points d'éclairage de la salle de bain — protégées par un différentiel 30 mA de type A.
🚨 Danger de mort : l'eau et l'électricité forment ensemble une combinaison mortelle. Ne placez jamais vous-même une prise dans le volume 0 ou 1, et si vous avez le moindre doute sur les dimensions exactes des volumes de votre salle de bain, faites-les évaluer par un installateur agréé avant de percer ou de tirer des câbles. Plus de détails sur les dimensions exactes dans notre article sur l'installation électrique en salle de bain.
- Prévoyez un circuit propre pour un chauffe-eau électrique ou un sèche-serviettes dans la salle de bain
Buanderie / débarras
- Circuit propre pour le lave-linge (20 A, 2,5 mm²)
- Circuit propre pour le sèche-linge (20 A, 2,5 mm²) — séparé de celui du lave-linge !
- Au moins 1-2 prises supplémentaires pour le fer à repasser et d'autres appareils
Garage / carport
- Au moins 2-3 prises (16 A ou 20 A)
- Éventuellement une alimentation force 400 V (triphasé, 16 A ou 32 A) pour les machines plus lourdes
- Prévoyez un circuit propre pour la borne de recharge si vous avez (ou envisagez) une voiture électrique — un différentiel 30 mA de type B y est généralement requis en raison d'éventuels courants de fuite continus
- Prises extérieures : minimum étanches (IP44) et sur un circuit protégé séparément
Bureau à domicile
- Au moins 4-6 prises (ordinateur, écran(s), imprimante, chargeur, lampe de bureau)
- Envisagez un circuit protégé séparément, pour éviter que votre ordinateur ne se coupe quand un disjoncteur saute dans une autre pièce
Tableau récapitulatif : recommandation minimale par pièce
| Pièce | Prises | Circuits |
|---|---|---|
| Salon | 8-10 | 1-2 prises + 1 écl. |
| Cuisine | 6-8 + appareils séparés | 4-6 (y c. distincts) |
| Chambre | 4-6 | Partagé |
| Salle de bain | 1-2 (hors volumes) | 1 propre (30 mA) |
| Buanderie | 3-4 | 2-3 (distincts) |
| Garage | 2-3 | 1-2 |
Combien coûte l'ajout de prises supplémentaires ?
Prévoir une prise en amont (pendant le gros œuvre, câble déjà posé dans le mur) coûte à peine plus que le matériel : comptez 15-30 € par point. Ajouter une prise après coup dans une habitation déjà finie, c'est une autre histoire.
- Ajout d'une prise dans une habitation existante : en moyenne 55-150 € par prise (matériel + main-d'œuvre), selon la distance jusqu'à la ligne existante et le type de mur. Au-delà de 2 mètres de distance, comptez souvent 10-15 € de plus par mètre. Les murs en béton massif coûtent plus cher à saigner que le placo ou le béton cellulaire (indicatif, prix 2025-2026).
- Tarif horaire d'un électricien : un électricien indépendant facture généralement 40-55 € de l'heure, une entreprise avec plus de frais généraux 55-70 € de l'heure ; les professionnels expérimentés peuvent facturer jusqu'à 75 € de l'heure (indicatif).
- Avantage TVA en rénovation : pour une habitation de plus de 10 ans, une TVA de 6 % s'applique sur le matériel et la main-d'œuvre au lieu de 21 % — demandez-le expressément à votre entrepreneur ou électricien.
- Contrôle électrique : comptez en moyenne 110-300 € (TVA incluse), selon l'organisme de contrôle, la région et l'ampleur de l'installation. Plus de détails dans notre article sur le contrôle électrique (indicatif, prix 2025-2026).
Planifier un nouveau circuit en amont lors d'une construction neuve ou d'une rénovation approfondie coûte donc bien moins cher que de rouvrir les murs par la suite. Faites-vous bien conseiller à l'avance et dessinez votre installation de façon claire — vous éviterez ainsi de regretter un manque de points quelques années plus tard.
Erreurs fréquentes
- Usage permanent de multiprises et de rallonges au lieu de prises fixes — une infraction au RGIE et un risque réel d'incendie en cas de surcharge.
- Raccorder l'éclairage et les prises sur le même circuit, alors que le RGIE impose une séparation stricte.
- Prévoir trop peu de circuits en amont lors d'une construction neuve ou d'une rénovation, ce qui oblige à en ajouter par la suite à grands frais.
- Absence de différentiel 30 mA sur tous les circuits d'éclairage et de prises, alors que cela est obligatoire depuis le 1er juin 2023 pour toute l'habitation.
- Placer une prise dans le volume 1 ou 2 de la salle de bain sans tenir compte des volumes révisés depuis le 1er mars 2025.
Retrouvez d'autres erreurs classiques dans notre article sur les erreurs fréquentes lors du dessin d'un schéma unifilaire.
Questions fréquentes
Combien de prises puis-je raccorder au maximum sur un seul circuit ?
Le RGIE autorise au maximum 8 points de raccordement par circuit de prises (disjoncteur de 20 A, câble 2,5 mm²). Une prise double ou triple compte alors pour 1 point.
Chaque pièce doit-elle avoir son propre circuit d'éclairage ?
Non, l'éclairage de plusieurs pièces peut être sur le même circuit d'éclairage, tant qu'il reste séparé des circuits de prises et que le nombre total de points de raccordement reste dans les limites autorisées.
Un différentiel 30 mA est-il obligatoire pour chaque prise ?
Oui. Depuis le 1er juin 2023, chaque circuit d'éclairage et de prises de toute l'habitation doit être protégé par un différentiel 30 mA de type A, et pas seulement dans les pièces humides comme la salle de bain.
Combien coûte l'ajout d'une prise ?
En moyenne entre 55 et 150 € par prise dans une habitation existante, selon la distance jusqu'à la ligne existante et le type de mur (indicatif, prix 2025-2026).
Puis-je ajouter des prises moi-même ou faut-il un installateur agréé ?
Vous pouvez en principe le faire vous-même dans votre propre habitation ; le RGIE n'impose pas d'agrément pour l'exécutant. Chaque nouveau circuit doit toutefois être contrôlé avant sa mise en service par un organisme de contrôle agréé.
Anticipez avec votre schéma unifilaire
En construction neuve ou en rénovation, il est crucial de planifier à l'avance. Ajouter des prises par la suite coûte cher (55-150 € par point dans une habitation existante, comme calculé ci-dessus). Utilisez l'éditeur de schéma unifilaire pour dessiner clairement votre installation et vérifier que vous prévoyez suffisamment de circuits et de points de raccordement — y compris la bonne protection différentielle par circuit. Vous voulez dessiner votre schéma vous-même ? Suivez notre guide pas à pas pour dessiner un schéma unifilaire soi-même.